"La Loire des confluences" s’étend sur 175 km de cours d’eau et près de 18 000 ha. Le site se positionne en aval de Tours jusqu’au sud d’Angers, aux Ponts-de-Cé et intègre en ses limites, les communes de Chinon et Montreuil-Bellay. Il se compose des trois grands affluents de la Loire : le Cher, l’Indre et la Vienne, complétés du Thouet en Maine-et-Loire.
La Loire y a marqué les paysages, l’histoire, la culture et la vie des habitants. Avec ses affluents, elle a creusé les vallées et façonné les plateaux, offrant une mosaïque de milieux naturels peu représentés dans l’Europe de l’Ouest : fleuve et rivières, grèves sablonneuses, boires, forêts alluviales…
34 types d’habitats remarquables y sont identifiés et 218 espèces protégées au niveau national ou régional y ont été inventoriées. Le site se situe sur un axe majeur de migration pour l’avifaune offrant halte et refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau avec plus de 49 000 individus recensés. Un patrimoine naturel rare largement souligné par Ramsar et qui coche les 9 critères de la candidature, pour la première fois en France ! À l’échelle planétaire, seuls 17 autres sites remplissent tous les critères.
En février 2026, le site obtient le prestigieux label international Ramsar, reconnaissant le caractère exceptionnel de cet espace naturel fragile. Cette inscription internationale constitue une nouvelle étape dans la dynamique de préservation et de valorisation du Val de Loire, en complément de sa reconnaissance UNESCO.
L’animation territoriale du site est portée par le Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine et le Conservatoire d’espaces naturels Centre-Val de Loire.
Un traité unique au monde au service des zones humides
Les zones humides sont parmi les écosystèmes les plus menacés au monde. Artificialisation, assèchement, pollution, surexploitation des ressources... autant de facteurs qui entrainent leur disparition. Le rapport sur l’État mondial des zones humides, publié par Ramsar en 2015, estime que 64% des zones humides de la planète ont disparu depuis l’an 1900. En France, 60% de ces espaces ont disparu au cours du 21ème siècle.
Pourtant, ces milieux extrêmement fragiles sont essentiels. Véritables refuges de biodiversité, ils accueillent nombre d’espèces d’oiseaux, d’amphibiens, de champignons… Les zones humides rendent également de nombreux services dans la régulation de la ressource en eau, la prévention des crues et en matière d’atténuation des effets du changement climatique : rétention d’eau, puits de carbone, îlots de fraîcheur…
Adoptée dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, la Convention de Ramsar est l’unique traité international sur l’environnement qui se préoccupe d'un type d'écosystème en particulier : les zones humides littorales et continentales.
Elle engage les États membres à la bonne conservation de ces espaces fragiles, à leur mise en valeur ainsi qu’à l’utilisation rationnelle de leurs ressources. L’objectif : élaborer et faire vivre un réseau international pour la biodiversité mondiale et engager les pays à préserver et gérer durablement leurs zones humides.
Un peu d'histoire
La Loire est le plus long fleuve de France. Il a marqué de son empreinte les paysages, l’histoire, la culture et la vie de ses habitants. Ses caractéristiques naturelles et anthropiques remarquables ont été affirmées par l’inscription du Val de Loire, entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire, sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des paysages culturels, évolutifs et vivants.
La Loire et ses affluents ont creusé les vallées et façonné les plateaux, offrant une mosaïque de milieux naturels, propices à une biodiversité exceptionnelle.
Occupé depuis la préhistoire, "La Loire des confluences" regorge d’un patrimoine bâti avéré. Au fil des siècles, la vallée de la Loire fait l’objet d’aménagements de protection contre les crues qui favorisent le développement du bocage, de l’élevage et de cultures spécialisées. La Renaissance fait place à de nombreux châteaux et favorise l’éclosion d’un nouvel art de vivre et d’un nouveau rapport à la nature.
Au XIIIe siècle, la Loire devient zone d’échanges commerciaux où se développe une batellerie spécifique (toues, chalands). La fin du XIXe siècle voit l’essor de la production du champignon de Paris dans les anciennes cavités d’extraction du tuffeau.
Le territoire connait depuis le début du XXe siècle, l’expansion d’un tourisme culturel, complété par des activités de loisirs et de nature.
Un complexe unique d’écosystèmes
"La Loire des confluences" constitue un ensemble d’une grande richesse biologique. Sa mosaïque d’habitats offre des milieux peu représentés dans l’Europe de l’Ouest : fleuves et rivières, bras secondaires et boires, plans d’eau, forêts alluviales… 34 types d’habitats remarquables y sont identifiés et 218 espèces protégées au niveau national ou régional y ont été inventoriées.
Le site se situe sur un axe majeur de migration pour l’avifaune offrant halte et refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment des oiseaux d’eau avec plus de 49 000 individus recensés.
Sternes pierregarin et naine, Petit gravelot, échassiers, hérons et aigrettes, Castor, Loutre... viennent s’y reproduire. D’autres y pêchent ou chassent : Balbuzard pêcheur, Martin-pêcheur, Milan noir, Couleuvre verte et jaune, tritons et salamandres… Pour les poissons amphihalins (saumon, lamproie, anguille...), elle constitue une zone de passage migratoire convoitée. Les prairies inondées et les boires représentent des zones de frai idéales pour le Brochet.
Le coteau, truffé de cavités troglodytiques et de souterrains profonds, constitue un lieu d’hibernation et de reproduction important pour les chauves-souris.
Une nouvelle dynamique territoriale
Cette inscription est une nouvelle étape pour le territoire, propice à renforcer les actions collectives de préservation et de la valorisation du site et de ses zones humides. Intégrer la Convention de Ramsar, c’est bénéficier :
- d’une reconnaissance internationale de la valeur écologique du site et des services écosystémiques rendus ;
- d’une dynamique collective renforcée au service de la gestion et protection de ce bien commun ;
- d’une meilleure visibilité et d’une nouvelle attractivité du territoire ;
- d’un levier pour mobiliser des moyens supplémentaires dans la mise en œuvre des politiques de préservation ;
- d’échanges et de retours d’expériences d’un réseau mondial, constitué de plus de 2 500 sites d’exception.
Le périmètre du site est défini par 3 sites Natura 2000 : Vallée de la Loire des Ponts-de-Cé à Montsoreau, Basses vallées de la Vienne et de l’Indre et Vallée de la Loire d’Indre-et-Loire. En s’appuyant sur leurs plans de gestion, "La Loire des confluences" se dote d’une gouvernance plurielle, le comité de suivi, fédérant les 3 comités de pilotage dédiés.
Ce comité permet d’identifier des problématiques à l’échelle du site et de ses bassins versants. Des opérations conjointes ou mutualisées peuvent alors être menées pour une plus grande cohérence et synergie des interventions de préservation et de restauration de la biodiversité, des corridors écologiques et de la gestion de l’eau.
L’une des réalisations majeures sur ce site Ramsar est la mise en œuvre de Programmes agroenvironnementaux climatiques, en partenariat avec les agriculteurs qui permettent la préservation des prairies et des milieux ouverts dans les espaces alluviaux.
Des suivis scientifiques, coordonnés à l’échelle des 3 sites Natura 2000, seront réalisés. L’ensemble des données naturalistes seront intégrées à la base de données du Parc.
En s’appuyant notamment sur les politiques départementales, le Parc favorisera la maîtrise foncière, tant dans le site Ramsar qu’à proximité, d’espaces naturels à forts enjeux écologiques et stratégiques pour la ressource en eau, les corridors écologiques et les paysages. Ces espaces naturels seront accompagnés par des plans de gestion spécifiques et leurs travaux de restauration.
Enfin, des actions de sensibilisation à la préservation des zones humides et des milieux aquatiques seront mises en oeuvre à destination des scolaires, des habitants et des visiteurs.

