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Râle des genêts, les agriculteurs à la barre

Des agriculteurs du secteur du Val de Vienne ont récemment expérimenté pour la fauche, la barre d’effarouchement. Cet outil placé à l’avant du tracteur permet à une partie de la faune de s’échapper avant le passage de la faucheuse. Une mesure de protection du Râle des genêts qui profite à bien d’autres animaux…

Sur le site Natura 2000 des Basses vallées de la Vienne et de l’Indre, 5 à 6 mâles chanteurs de Râle des genêts ont été recensés ce printemps. C’est une année moyenne après deux saisons très difficiles en raison de la météo. Mais le Parc et ses partenaires entendent faire leur maximum pour préserver les derniers individus présents en région Centre-Val de Loire. Et les agriculteurs ont un rôle crucial à jouer pour le maintien de cet oiseau rare des prairies.

Les barres d’envol ou barres d’effarouchement existent depuis de nombreuses années et sont utilisées par des exploitants pour faire fuir le gibier : faisan, lièvre, chevreuil… Son utilisation pour le Râle des genêts, oiseau extrêmement menacé, est beaucoup plus récente. Elle présente un réel intérêt à une période où les jeunes Râles ne peuvent pas encore voler…

Râle des genêts (Frédéric Desmettes)

Des agriculteurs motivés

Grâce à une subvention de la Fondation LISEA Biodiversité, le Parc a fait l’acquisition de trois barres avec un système de dents (peignes) breveté par l’entreprise JOURDANT basée dans l’Indre. Ce système a été adopté suite à une visite dans les Basses Vallées Angevines où des agriculteurs utilisent déjà ce procédé jugé efficace par la Fédération de chasse de Maine-et-Loire et les naturalistes.

« Cette pratique est basée sur le volontariat. Nous souhaitons encourager ces bonnes pratiques et envisager l’acquisition de nouveaux matériels au fil des années. Certains agriculteurs sont même prêts à fabriquer leur propre barre d’effarouchement » souligne Olivier Riquet chargé de mission Natura 2000 au Parc. « A cette période, d’autres oiseaux nichent dans les prairies : Tarier des Prés, Bruant proyer, Cisticole des joncs, Caille des blés, Courlis cendré… ce type de pratiques leur est aussi bénéfique ».

Des mesures prises dans le cadre du site Natura 2000

A la période des fauches, les Râles sont encore au stade de poussins ou ont au mieux quelques semaines. Ils sont vulnérables. D’autres mesures de protection sont proposées aux agriculteurs pour les protéger :

  • La fauche sympa ou centrifuge. Les agriculteurs acceptent de faucher de l’intérieur vers l’extérieur. Les oiseaux et les mammifères ont ainsi le temps de fuir par les côtés du champ.
  • Le ralentissement de la vitesse de fauche (pas plus de 8-9 km/h dans l’idéal).

« Dans la mesure du possible, on demande à être prévenu du jour de fauche. On peut se rendre sur place et faire des observations de jeunes et/ou d’adultes avec la LPO Touraine et le CPIE Touraine Val de Loire » précise Olivier Riquet.

47 exploitations sont engagées sur le site Natura 2000 dans des mesures agro-environnementales à la parcelle (1150 ha). Certains pratiquent le retard de fauche, (c’est-à-dire une fauche fin juin ou début juillet) ou une mise en défens (zone refuge ni fauchée ni pâturée jusqu’en septembre)  sur les zones de présence du Râle pendant 5 ans. Des indemnités liées à la perte fourragère sont mises en place. Il existe aussi une mesure annuelle appelée mesure d’urgence lorsqu’un Râle ou un Courlis a été identifiée dans une parcelle non protégée. EDF, via un partenariat avec le Parc, contribue au financement de ces indemnités en 2018.